Avant-propos
Préface
Avertissement
Maxime
Chapitre premier: Histoire parallèle
Chapitre deuxième: L'expérience
Chapitre troisième: La comparaison
Chapitre quatrième: Les coulisses du vécu
Chapitre cinquième: Les questionnaires
Conclusion

Malgré l'émotion qui m'étrangle, je tiens à remercier vivement les personnes qui nous ont soutenus dans notre projet. Il est vrai que nous attaquer à ce paradoxe n'a pas été chose aisée, mais après de longues cogitations, après des nuits de discussions sans fin, de recherches dans la presse spécialisée et de nombreux voyages aux quatre coins du globe, nous pouvons enfin esquisser un élément de réponse. Comme vous allez pouvoir l'apprécier dans les pages qui suivent, nous avons tout tenté, parfois même nous avons dépassé les limites du concevable. Nous avons fait des expériences, dressé des tableaux comparatifs, osé des analyses prétentieuses, nous avons été jusqu'à recueillir des témoignages décrivant le footballeur dans son intimité. Malgré cette somme d'efforts, le paradoxe a longtemps résisté. Sa puissance doit être divine...
Mais que l'on ne s'y trompe pas : notre but n'a pas été de dénigrer le football en général. Notre verve patriotique a elle aussi été émoustillée lorsque nous avons appris la qualification de la Suisse pour le Mondial (et surtout que la France n'y viendrait pas). Nous nous attaquons plutôt aux acteurs de la scène footballistique. En effet, pour l'Homo Vulgaris, le footballeur représente une sorte de mythe dans ses rapports avec la gent féminine. C'est pour cette raison que notre curiosité a été ébranlée. On peut même affirmer que la jalousie fut le moteur de notre projet. Mais je vous prie de ne point nous accabler trop vite, car j'estime qu'il est compréhensible que nous nous sentions opprimés. Je vous remercie d'ailleurs d'avance pour votre indulgence.
Peut-être que votre conscience n'a jamais éprouvé le sentiment du paradoxe, même si vous êtes souvent en contact avec ces intellectuels. Ne vous inquiétez pas. Ça peut arriver. Rarement, mais ça peut. Estimez-vous alors heureux. Car le paradoxe s'apparente à une maladie incurable. Une fois atteint, on ne peut en guérir. Il hante vos nuits et rend ténébreuses vos journées. Il ressemble au ver solitaire : il ronge de l'intérieur. Notre analyse tente d'expier ce fléau, mais la route est encore longue...
Bien qu'emporté par mon lyrisme, il faut tout de même conclure. Je sais que votre soif de connaissance devient difficile à contenir après ce modeste avant-propos. Mais gardez toujours à l'esprit cette maxime de Pierre Desproges : " L'intelligence, c'est comme les parachutes : quand on n'en a pas, on s'écrase...". Si donc vous possédez un parachute, lisez ce texte à des degrés différents de ceux dictés par le sens commun. Bien à vous.
Les auteurs
Pourquoi ? C'est certainement la question que vous vous posez en vous attardant sur le titre de ce dossier ; pourquoi parler d'un "paradoxe" dans le football alors que ce sport jouit d'une popularité immense à travers le monde ? Pourquoi venir ternir son image alors qu'il fait rêver tellement de gens ? Est-ce de la provocation ? Chercherait-on à se faire remarquer ?
Les réponses à ces questions ne peuvent être rendues maintenant ; ce n'est qu'après la lecture de ce dossier que vous pourrez, et vous seul, juger s'il faut vraiment chercher des réponses.
Mais je me dois de vous avertir : ce qui suit n'est pas sans danger... C'est à vous de voir si vous pouvez faire face, dès maintenant, à une réalité qui risque d'être difficile à assumer. En traversant ce texte, vous serez fatalement confrontés à des expériences troublantes, à des témoignages cruels et à des résultats qui, certainement, vous choqueront.
Mais je vous entends d'ici (non, c'est une image, imbécile ! Retourne jouer avec ton ballon ) je vous entends d'ici, disais-je : "Antisportifs !", "Mensonges !", "Gauchistes !", "Bourreaux d'enfants !", "Remboursez !", etc... Alors, je vous en prie, modérez votre colère et comprenez la nôtre, tolérez nos critiques, aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé... (Mais qu'est-ce que je raconte ? !).
Vos réactions, même les plus vives, nous les comprenons ; car au risque de me répéter, notre objectivité nous y oblige. Nous ne reculerons devant aucune critique! Nous avons une mission et nous l'exécuterons quoiqu'il arrive.
C'est à vous, maintenant, chers lectrices, chers lecteurs, et même vous, chers footballeurs (en vous rappelant que ce que vous lisez n'est pas le journal l'Equipe, ni un programme de télévision, ni l'horaire d'un bureau de chômage), de saisir la chance qui vous a été donnée de visiter le monde des paradoxes, et pouvoir peut-être un jour vous exclamer "Comment a-t-on pu en arriver jusque là ?".
Bon voyage ! (Mais non, idiot, "paradoxe" n'est pas un pays et on ne va nulle part !)Nous avons longuement discuté avec certaines relations avant la publication de ce dossier. Il s'est avéré que certaines remarques revenaient souvent, tendant à minimaliser l'importance du paradoxe.
La première remarque était la suivante :"...Oui, mais je connais un gars qui joue au football et qui ne correspond pas du tout au footballeur évoqué dans le paradoxe." Sur ce point, nous sommes d'accord, en partie. Nous ne récusons pas le fait qu'il puisse y avoir des exceptions. Mais il ne faut pas surévaluer leur importance. La masse bêlante des footballeurs doit être associée au paradoxe. Ceci ne souffre aucune discussion.
Certains ont également mis en doute nos références historiques. Sachez que notre avis sur ce point est clair :" L'histoire est faite pour être réécrite et ceux qui ne connaissent pas ses subtilités n'ont qu'à se taire pour ne pas étaler leur inculture." Ne vous attachez donc pas aux détails que vous ne saisissez pas dans votre étude. Faites-nous confiance : notre seul but est de rester objectif et de mettre la réalité à nu.
J'ai récemment discuté avec un collègue étudiant qui, alors que je venais de lui expliquer le paradoxe et ses conséquences, m'a répondu bêtement ;" Mais pourquoi ne commencez-vous pas le football (pour les filles évidemment) ?" Vous rendez-vous compte de l'insolence de cet individu ? Comment a-t-il osé me répondre ainsi ? La réflexion n'était visiblement pas son fort. Si donc vous pensez la même chose, ne continuez pas la lecture. Je vois que vous ne connaissez pas le football et son monde, et que vous ne pourrez pas saisir le paradoxe. Restez chez vous et revoyez vos classiques.
Pour terminer, d'autres ont ricané devant les témoignages que nous voulions publier, estimant que nous les avions inventés. Et bien détrompez-vous. Ces opinions sont véridiques et ont été recueillies sans contraintes (de n'importe quelle forme...). Je crois que notre bonne foi et notre souci d'objectivité permanent ont poussé nos interlocuteurs (trices surtout) à dépeindre la réalité sans la déformer. Elles seraient prêtes à témoigner devant un tribunal.
Muni de tous ces avertissements, vous pouvez maintenant continuer la lecture sans souci et profiter entièrement de l'analyse du paradoxe.
Avant votre lecture, nous vous rappelons cette maxime du très regretté Desproges, puisse-t-elle vous guider jusqu'aux ultimes pages...
"...les commentateurs de football, dont le quotient intellectuel ne dépasse qu'exceptionnellement le chiffre de la température anale."
Il serait tout à fait inutile de commencer ce dossier sans, préalablement, nous faire une idée du contexte historique dans lequel le football a pris ses marques. Ce dernier, en effet, ne saurait échapper à cette analyse précieuse qui nous révélera, sans doute, que le football, dès ses origines, était une source de conflit.
Le caractère préhistorique de la mentalité du footballeur, pourrait vous amener à penser, petits naïfs, que ce sport trouverait ses origines dans un contexte néandertalien. Pas du tout ! La légende remonte à l'âge d'or d'une Rome qui se délecte de son orgueil, dont la mesure s'étend sur toutes ses conquêtes. Quoi de plus étonnant, en effet, de voir le football profiter d'une renommée qui va de l'Occident jusqu'aux portes de Byzance. Il hanta les murs de Rome et préfigura sa décadence.
Le Sénat venait de terminer une de ses longues séances. Tous les sénateurs se hâtaient en direction du nouveau Burgerus Rex, situé à l'angle de la célèbre via crampona. Mais, parmi ces hauts fonctionnaires, il en était deux qui se mouraient d'ennui et qui traversaient la place du forum en se languissant. Cette place mythique venait d'être occupée par les installations du dernier concert et était recouverte de déchets de tous genres. Le premier des sénateurs, Petrus Pes (surnommé ainsi pour son immense pointure), accompagné de Sextilius Ballonus (surnom accordé à son embonpoint), se mit soudain à frapper violemment de son pied une canette de Cervoise( qui traînait négligemment sur la chaussée, et fit de telle manière qu'elle atterrit exactement dans une des poubelles renversées la veille. Stupéfait par un tel exploit, Ballonus en fit de même, voyant que cela lui permettait de s'extirper de la torpeur dans laquelle il se morfondait. Ils se firent aussitôt rejoindre par leurs collègues qui se prirent au jeu. De nombreuses ancillae et filiae se précipitèrent pour les regarder en se postant sur les gradins qui n'avaient pas été dégagés.
On forma donc deux équipes, le but du jeu restant très simple : il fallait qu'une des équipes mette la canette dans la poubelle. Et la rudesse des débats politiques n'avait rien à envier au climat qui s'ensuivit : gonflés à bloc par la présence féminine, on en vint aux mots et aux gestes pour parvenir à ses fins. Les injures allaient bon train : "Te paedico...", "Et tua soror...",...
La fin de la partie se déroula en carnage. C'est ici, dans ce climat de folie, que se déclencha pour la première fois "Le Paradoxe" : tout d'abord, une femme dénommée Salopia Gentila descendit dans l'arène et, dit-on, aurait déchiré sa robe avant de se jeter sur les joueurs, manquant à tous ses devoirs moraux. A la vue d' un tel spectacle, les autres spectateurs se mirent à se disputer violemment au sujet de la partie : certains prétendaient qu'il y avait eu une faute sur un des sénateurs, l'un s'indignait de la partialité de l'arbitre et un autre lui rappelait qu'il n'y en avait pas encore...
On dit également que, jusqu'au soir, la place du forum et même Rome tenaient lieu d'une hystérie collective. Les vitrines se brisèrent, les ancillae voulant imiter Salopia se jetèrent sur tous les Sénateurs qu'elles croisaient, alors que tous les athlètes grecs et les gladiateurs se sentaient lâchement délaissés.
On appela cette journée "Dies Salopiae et paradoxi" (Le jour de Salopia et du paradoxe). Ce souvenir hante encore les esprits des descendants de la puissante Rome et il subsiste une phrase célèbre que les romains d'alors s'étaient écriés:"Quomodo potuerunt accedere usque ad istuc ?"
Cette légende est très méconnue du grand public, mais elle montre à quel point ce sport peut engendrer des passions destructives. On sait, cependant, que cet embryon de football fut conservé dans des lieux très secrets et que le remettre à jour équivaudrait à une catastrophe. Le football que l'on connaît aujourd'hui n'est pas le véritable fils de ce "divertissement romain", mais il s'en inspire ; la descendance directe s'est davantage épanouie dans l'ambiance qui entourait ce jeu. On retrouve d'ailleurs souvent les mots de "salopes", "gradins", canette" et surtout : "paradoxe", le premier paradoxe connu et certainement le plus mystérieux.
Comme vous avez pu l'apprendre, le football descend de l'empire Romain. Mais sa traversée des siècles n'a pas été sans encombres. C'est pourquoi nous tenons à vous donner ici quelques points de repère.
Remontons tout d'abord au Vème siècle Ap.JC. C'est à ce moment que l'empire s'est vu démanteler. Le football fut alors privé de sa patrie d'origine. Du coup, sa renommée chuta beaucoup et une période noire s'annonça pour ce sport qui dut lutter pour sa survie. En effet, un désintérêt total et surtout l'inquisition lui menèrent la vie dure. Mais à la fin du Moyen-âge, il finit par retrouver sa superbe, grâce notamment aux nations colonisatrices comme l'Espagne. On retrouve en effet des traces de football dans le livre de bord du navigateur Colomb. Par souci d'objectivité, notons que les historiens ont souvent voulu faire croire que le seul but des colons était de retrouver de nouveaux marchés. Que nenni ! Ils couvaient le secret désir de donner aux peuples colonisés le virus malfaisant de ce sport, escomptant devenir de nouvelles patries du football. Il n'est donc pas étonnant, de nos jours, d'observer en Amérique du Sud un engouement certain pour ces joutes.
Mais l'histoire, comme pour les Grecs, fut cyclique. Et l'Espagne n'a pu résister au XVIème siècle, I'ltalie, descendante directe de l'empire romain, reprend le flambeau pour ne plus jamais le lâcher. En effet, la Renaissance italienne se chargera d'étendre la renommée du football, et l'art profitera de la passion que suscite ce sport. C'est d'ailleurs un artisan de Florence, un certain Leonardo da Vinci, qui inventa le premier ballon en cuir véritable. Les poètes italiens ont également chanté la gloire de leur nation, riche héritière du football. Pour la petite histoire, on a récemment trouvé des poteaux de but sous les décombres du village de Pompéi. Cette découverte infirme donc la version selon laquelle le football serait né en Angleterre. Cette erreur historique se devait d'être rectifiée pour une plus grande clarté dans l'analyse du paradoxe. Si donc vous désirez entrer en contact avec un footballeur type, gagnez aussitôt l'Italie, I'Espagne ou le Brésil. Vous aurez alors certainement la chance de vous mesurer au paradoxe.
Après ce bref aperçu historique, il nous faut maintenant nous attaquer au coeur du problème. Attention ! Cette démarche est extrêmement dangereuse et nous vous avertissons que vous pouvez toujours fermer le dossier et en rester là... Ou continuer et n'avoir plus la possibilité de faire demi-tour. Mais je sens que vous êtes quelqu'un d'intelligent et que vous ne fuirez pas devant cette expérience qui, certes, relève plus de l'éthologie que de l'étude du comportement humain, mais qui vous emmène proche des rivages insoupçonnés de l'inimaginable.
Cette expérience est très simple et ne choque que par son sens, non par sa forme ; les conséquences, quant à elles, sont des plus troublantes. Elle expose de manière schématique le fond du paradoxe, la voici :
Imaginez, tout d'abord, une salle vide avec plusieurs bancs à l'intérieur (oui, n'importe quelle salle, comme une église vide avec des bancs, ou, je ne sais pas moi, une salle de bal sans bal, ou une salle de gymnastique sans gymnastique, une salle de sport sans sport, ou... Enfin bref imaginez nom de Dieu ! Ne faites pas plus footballeur que vous ne l'êtes ! Donc... Euh !.. Vous voyez, avec vos conneries je ne sais plus où j'en suis. Donc... Une salle vide avec des bancs et sur l'un de ces derniers vous y placez un footballeur, moche, bourré (qui pue de la gueule), qui fume, pas rasé, longs cheveux sales, mal habillé... Bref, un homme qui force le respect. Sur le banc juste derrière, placez un homme qui ne fait pas de football : il est bien habillé, ne fume pas, ne bois pas, son physique se caractérise par des mensurations plus qu'acceptables, il mesure plus d'un mètre quatre-vingts... Bref, un homme, qui, au premier regard, jure par sa banalité. MAINTENANT, faites entrer trois ou quatre superbes jeunes filles (mais attention, je ne vous parle pas de n'importe quelles jeunes filles : ce n'est pas votre petite voisine mignonne et innocente, non ! Ces filles dont je vous parle ne se rencontrent que dans les magazines et encore... Les plus chers).
(Comme vous pouvez le constater, les jeunes femmes n'ont aucun moyen de déceler lequel des deux est le footballeur. Le schéma vous aide à comprendre où il se trouve mais pas le fait qu'il soit bourré, moche,...)
Jusqu'à présent, rien de ce qui a été décrit n'est très surprenant : trois filles, deux garçons. Si nous nous amusions à faire quelques probabilités, nous pourrions aboutir à toutes sortes de résultats. La logique, quant à elle, nous permettrait de dire que les trois filles se répartiraient la tâche ou encore, qu'elles délaisseraient le garçon moche qui pue de la gueule pour le jeune et bel Apollon... Eh bien vous vous trompez encore une fois et vous pénétrez à présent dans le monde du paradoxe : les trois filles qui semblaient toutes disposées à suivre la logique se dirigent, comme hypnotisées, vers le footballeur (dont, je le rappelle, elles ne connaissaient pas l'état... De footballeur donc ! Car son état de bourré et qui pue de la gueule est bien visible). L'autre jeune homme n'a plus qu'à se retirer devant un tel spectacle (schéma ci-dessous).
Quel choc n'est-ce pas ? Pourquoi des filles qui n'ont ni été droguées, ni hypnotisées, des filles
qui n'ont rien de particulier, des filles qui ne vont jamais assister aux parties de foot, pourquoi se
dirigent-elles toujours vers le footballeur, alors que son aspect physique et intellectuel laisse
fortement à désirer ?
Vous êtes en face du "Paradoxe du Footballeur".
Dans ce dossier, et dans la mesure de nos maigres et bien humbles possibilités, nous allons essayer
de comprendre ce paradoxe.
Vous l'avez compris (si, si, ne soyez pas si modestes !), nous ne pouvons en rester là et croiser les bras comme si de rien n'était. Je sens que vous également vous ne pouvez accepter une telle situation de fait dont la perpétuité serait insoutenable à des esprits, certes sensibles, mais depuis longtemps rompus et aiguisés aux enquêtes augustement soumises à la condamnation de la despotique gent dont l'infâme omnipotence s'abat sur notre bon sens étranglé par une émotion bien compréhensible et donc trop faible pour se dresser contre une telle somme d'opprobres et de provocations dont l'abjection vous donnera toujours la force de pousser la plainte historique et nécessaire : " mais comment a-t-on pu en arriver jusque là ?".
Risquons alors ensemble une analyse !
A titre de comparaison, voici une étude menée sur plus d'un millier de spécimens, trouvés aux quatre coins du monde :
| BEAUTE | CHEVEUX | HUMOUR | INTELLECT | METHODE D'APPROCHE | |
|---|---|---|---|---|---|
| FOOTBALLEUR | craquante | longs ou très courts | délirant | non communiqué | direct, guerrier, attaque par surprise |
| HOMO VULGARIS | insignifiante, à première vue | propres | fin | omniprésent | charmeur, humble, respectueux |
Remarques utiles à la compréhension du tableau comparatif :
Jusqu'ici, tout vous a peut-être paru abstrait, voire trop théorique ; à nous maintenant de faire preuve de courage : courage qui nous a permis de nous risquer jusque dans les rues les plus sombres, les endroits les plus hostiles afin de trouver la vérité là où personne n'aurait songé à aller la chercher. Nous avons, munis de nos seuls outils de scribes, tels les moines vaillants traduisant les textes sacrés, affronté la foule des anonymes pour leur soutirer quelques bribes de leur lourd vécu. Ils ont, pour la plupart, accepté sans broncher de répondre à nos humbles mais perfides questions, réalisant la portée universelle de notre quête et l'enjeu qu'elle proposait. Nous n'oublions pourtant pas, non sans quelque mépris, les rares damnés qui, bravant l'évidente réalité, se sont soustraits à nos innocentes interrogations. Mais leur insolence n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan d'objectivité dont a fait preuve la majorité de nos interlocuteurs. Si eux ont su répondre, vous, oui vous, pourrez certainement comprendre.
Voici donc, pêle-mêle, quelques morceaux choisis, qui cautionnent sans honte l'idée que vous avez déjà pu vous forger sur le paradoxe. Ces témoignages, nous vous le rappelons, ne sont pas le pur fruit de notre imagination, même si quelques-uns choquent et semblent insupportables pour vos consciences peu formées aux tortueux labyrinthes que sont ces conflits psychologiques. Ils peignent la réalité avec une précision diabolique et, comme nous, s'illustrent comme des apôtres de la vérité. Nous avons parfois dû en sacrifier sur l'autel des valeurs que nous défendons depuis qu'a germé en nous l'idée du combat contre ce funeste paradoxe.
Mais dans le fond, comment a-t-on pu en arriver jusque là ?
Nous avons tenu, par souci d'objectivité, à interroger une femme qui a eu une relation avec un footballeur pour qu'elle nous donne ses impressions avec du recul :
Es-tu sortie avec un footballeur ?
- Oui et même plusieurs. Un gardien dans l'équipe de Delémont et un ailier.
Comment as-tu vécu ces deux relations ?
- Mal.
Oserais-je te demander quelques précisions ?
- A la base, ce sont des gens très égoïstes. Sans beaucoup d'égards. Un peu déséquilibrés, ils se
cherchent. Sans gêne, sans regrets, sans remords.
(NDLR : C'est beau ce que tu dis...)
A t'entendre, tu dresses un tableau bien noir de ces hommes adulés ?
- Oui, et d'ailleurs je ne comprends pas exactement ce qui m'a poussé dans leurs bras.
Quel était ton comportement avec eux ?
- J'étais très compréhensive et très généreuse, dans le sens où je sacrifiais mes besoins pour les siens.
As-tu été dure parfois, voire intransigeante ?
- J'avais écrit une lettre assez dure, mais trois jours plus tard j'en envoyais une bien moins accusatrice.
Une autre fois, désirant partir en week-end chez un footballeur (évidemment), nous avons essuyé une
vive altercation, car il s'y est opposé. Mais pour finir, j'ai renoncé à mon projet, à contrecoeur.
(NDLR : Lâche...)
Je crois que c'est un bel exemple de générosité ?
- Je ne vous le fais pas dire.
Est-ce que le footballeur est très possessif ?
- Oui.
Comment expliquer parfois son désintéressement par rapport à l'être aimé (peut-être) ?
- Ses actes ne suivent pas souvent ses pensées (en ont-ils ?).
Aimais-tu le football avant ?
- Oui, assez. Je regardais volontiers certains matchs.
Et maintenant ?
- Oui, toujours.
Où as-tu rencontré tes conquêtes ?
- L'un en vacances en Espagne et l'autre en vacances d'été à Nendaz. Les deux en discothèque.
Qui a fait le premier pas ?
- Eux, toujours et avec beaucoup d'insistance. Ils étaient oppressants.
(NDLR : Sans blague !)
Avaient-ils une apparence normale lorsqu'ils t'ont abordée ? (Alcool, cigarettes, drogue peut-être...)
- L'un paraissait normal, et l'autre fumait et avait vraisemblablement bu. (beaucoup ?)
Et dans les moments plus intimes ?
- Le premier était correcte et attentionné, l'autre avait besoin d'un certain taux pour entreprendre
quelque chose. A la base, côté affection, il y avait peut-être un petit blocage.
Oublions le côté intime. Parle-moi de leurs vies professionnelles respectives ?
- Le joueur de Delémont était dessinateur en bâtiment et prévoit de se lancer dans le social. A noter
qu'il n'est pas suisse. L'autre est employé de commerce et a obtenu le plus mauvais diplôme de
toute l'école. Il compte grader à l'armée, mais auparavant il suit une école d'informatique.
Voici un second témoignage qui en dit long sur ce que peut être un footballeur.
Es-tu sortie avec un footballeur ?
- Oui, deux.
Comment as-tu vécu cette relation ?
- Ces relations ont été positives jusqu'à la rupture. L'une de celles-ci a été fort tourmentée. L'autre plate.
C'est-à-dire ?
- Le premier était un homme à femme. Il aimait la débauche (évidemment), vous voyez le genre. Vulgaire
lorsqu'il était en groupe, fort consommateur de boissons alcoolisées, il fumait exagérément. C'était une
relation non suivie. J'avais l'impression de n'être qu'un objet entre ses mains. Le deuxième, membre
d'un groupe de buveurs (il s'abstenait lorsque nous étions ensemble), fumeur, sans grande motivation
dans la vie, s'avérait tout de même fort sympathique. Je crois pouvoir dire maintenant qu'ils n'étaient
pas faits pour moi.
Mais au fait, quel est ton type d'homme ?
- Drôle, romantique, profond, intéressant, physiquement attirant.
Quelle était leur profession ?
- Le premier a arrêté le collège pour faire un diplôme de culture...
Physique ?
- Non, générale et oeuvre désormais dans le social.
(NDLR : gauchiste...)
L'autre est employé de commerce au chômage.
(NDLR : va chier, t'as qu'à trouver du boulot...)
Pourquoi as-tu été attirée par ces intellectuels alors que ton type d'homme ne leur correspondait
pas du tout ?
- J'étais jeune, faible dans ma tête. Il m'a offert des compensations physiques.
(NDLR : peti...euh...très petites)
Pour l'autre, j'avais trop bu et j'essayais d'oublier le premier.
Si l'occasion se représentait, sortirais-tu à nouveau avec un footballeur ?
- Euh... Je ne sais pas.
(NDLR : Mais bien sûr que tu sais )
Mais au fait, Nicole (Ah merde on avait dit de pas dire...), euh... Mademoiselle, comment a-t-on pu
en arriver jusque là ?
- ...
Pour vous, nous avons également recueilli quelques bribes d'opinions, pêchées dans l'ombre des
auditoires et des cafétérias. Nous tenons à remercier de tout coeur ces personnes qui nous ont aidés,
à leur manière, à analyser le paradoxe.
C.G., attachée à ses origines françaises, mais bientôt suissesse d'adoption, étudiante à l'EPFL,
passionnée par l'optique médicale (Elle a accepté, bien qu'au début réticente, de revenir sur son lourd
passé. Mais elle a clairement tenu à préciser qu'elle ne voudrait en aucun cas que des faits semblables
se renouvellent à l'avenir. On la comprend.) :
"(...) Il m'est arrivé, il y a longtemps, de sortir avec un footballeur et de côtoyer les siens. Mais il me reste
quelques souvenirs. Les footballeurs roulent les mécaniques. Leur physique : ils ont les cheveux frisés
dans le cou, en général. Ils ont les jambes arquées (et c'est péjoratif !). Je n'aime pas les personnes
qui se mettent en avant.(...) Leur éducation : Les footballeurs prennent soin de vomir dehors, et dans
mon cas il l'avait fait sur des rosiers.(...) Celui qui simule le mieux la douleur est souvent le plus
intellectuel de tous. (...) Ce qu'ils endurent et font endurer : être sa femme ne doit pas être facile.
Il n'arrive pas à la suivre sur le plan intellectuel. (...) Vous rendez-vous compte, un dimanche, dans
la boue, crier au bord du terrain :" Allez mon chéri ! Je t'aime ? " ou alors un dimanche sans son footballeur...
Quelle tristesse ! Et puis la lessive, les pompes à cirer. Ah ! On n'a pas une vie facile avec ces gens de
la balle au pied ! Et si seulement ils l'avaient dans la tête, la balle, ils pourraient au moins jouer avec
leur matière grise ! (NDLR : en ont-ils ?)
Je crois surtout que le summum du peu d'intelligence perceptible chez les footeux est leur conversation
lorsqu'ils rentrent de leur entraînement. (Evidemment, ils ne voient que leur vie sportive ) " Ah! que chéri,
que j'ai réussi à faire une série de trente jonglages, euh... Trente-cinq, euh... J'sais plus... (etc...)"
( NDLR : Dis-moi, mon garçon, tu sais compter ?- Euh...)
Ou encore :" Plus tard, nos enfants seront fiers de leur père, ils joueront aussi au foot..." Aïe, Aïe, c'est
héréditaire !
L'épilogue serait barbant. Me voilà décidée à ne jamais plus vivre aux côtés d'un footballeur, que dis-je,
d'une bête des vestiaires, du plus fort, du plus beau,... Un conseil : ne rivalisez jamais avec lui ! Trop
puissant pour vous ! Et n'oubliez pas qu'il est comme une marchandise qui se vend et s'achète s'il a
la chance d'être plus footeux que les autres. Attention ! Quand on va en première division, d'accord
il y a une question de fric, mais que reste-t-il aux footballeurs ? La connerie encore plus accentuée...
Forcément !
Ce sont quelques raisons qui prouvent que le footballeur n'a rien à l'intérieur mais tout à l'extérieur."
S.G., ancien footballeur, étudiant à l'EPFL :
"...j'ai gardé un mauvais souvenir. Après un match, désirant me doucher, j'abandonnais mes chaussures
dans les vestiaires. Et c'est probablement un joueur de l'équipe adverse qui les a noyées de son urine...
C'est vraiment sans commentaire."
(NDLR : Sale coup, mon gars !)
Pour mieux comprendre le paradoxe qui nous préoccupe, nous nous sommes décidés (non sans
quelques regrets) à interroger le footballeur lui-même. Et bien que nous risquions notre réputation
en vous livrant cette interview, nous avions toujours en mémoire le serment d'objectivité que nous
avions prêté devant vous.
- Comment vous appelez-vous ?
Je m'appelle "Centre avant", mais appelez-moi Nicolas.
- Avez-vous une passion dans la vie mise à part le football ?
Je fais du football !
- Euh... oui, mais encore ?
Je fais du football !
- Bon, bon, d'accord, vous faites du football. Quelle est votre profession ?
Je fais du... Je suis au chômage. Mais quand je serai grand, je serai footballeur !
- Savez-vous ce que "chômage" veut dire ?
... (rires)
- A quoi attribuez-vous l'euphorie qui résulte de vos nombreuses apparitions en public, surtout auprès
des jeunes femmes ?
... (Le joueur, fouillant son training, en retire péniblement un mini-dictionnaire)
- Ah ! Pardon, j'oubliais. Pourquoi avez-vous tant de succès avec les gonzesses ?
Ah ! D'accord. Je ne me suis jamais posé la question, mais je pense que les filles aiment les footballeurs
parce qu'on est de vrais mecs.
- Mais que faites-vous de votre intelligence, de votre sens de l'humour bien connu, en un mot : de votre
charme ?
Ouais, mais ça c'est en bonus. (rires niais).
- Avec combien de filles êtes-vous sorti depuis que vous faites du football ?
Une quinzaine environ, mais une seule à la fois (rires encore plus niais).
- De quelle manière les appâtez-vous ?
J'pêche pas souvent, vous savez. Je préfère la chasse (rires insupportablement abrutis)
- Non ! je voulais dire : comment faites-vous pour les draguer ?
En général, je suis bourré (ndlr: tiens donc !). Je m'approche de la gonzesse et je lui dis : "Tu sais que tu as
le plus beau cul que j'aie jamais vu ?". En général, elle me gifle (ndlr: y aurait-il donc un espoir ?), mais
après 5 minutes je l'ai sur mes genoux et je lui roule des pelles toute la soirée. (ndlr: aucun espoir). Il m'arrive
de remplacer ma réplique par un énorme rot.
- Que pensez-vous de votre performance dans le match de samedi dernier ?
Bon, c'est clair, si j'aurais marqué deux buts chez eux ç'aurait été super pour l'équipe. Mais à cause que je
suis un joueur collectif, j'aide les autres à marquer à ma place.
- Pouvez-vous nous rappeler la profession que vous exercez ? (ton sadique)
J'suis au chômage. (ndlr: ah ! ah!)
- Quel est votre livre de chevet ?
Vos premiers Pas dans l'Alphabet (aux éditions Du Barreau, spécial footballeurs, hors série)
- Si l'on devait retracer avec vous l'histoire de la philosophie, qui d'Aristote, Descartes, Nietzsche, ou
encore Kant vous a le plus marqué ?
...(Malheureusement pour nous, le joueur doit s'interrompre quelques instants, pris de violentes nausées)
- Il est évident qu'un homme de votre culture n'a pu que s'intéresser à l'art pictural ?
...
- Constatant votre enthousiasme certainement dû aux milliers d'oeuvres qui vous viennent à l'esprit,
que pensez-vous, pour être plus précis, des subtils tableaux de Pollock ?
Ah ! ouais, elle je l'aime bien. Elle a beaucoup apporté au cinéma.
- Avant de nous quitter, Nicolas, comment devient-on footballeur ?
C'est pas donné à tout le monde... (ndlr: Je te le fais pas dire, mon gars !)
Comme vous avez pu le constater, le footballeur est un homme passionné, adulé, cultivé, humble, souvent drôle, mais qui, avant toute chose, possède cette qualité si rare que l'on nomme l'intelligence.
Après avoir récolté ces témoignages bouleversants qui, osons le dire, arracheraient des larmes aux personnes les moins sensibles, nous vous présentons ci-dessous des questionnaires types. Ils nous ont permis de toucher un plus large public et, par conséquent, de dresser des statistiques exprimant avec sincérité l'avis de la majorité.
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La commission psychologique des "prisonniers associés" vous propose : LE QUESTIONNAIRE QUE VOUS NE POUVEZ EVITER ! Ce questionnaire vous invite à répondre à différentes questions concernant vos relations avec les footballeurs. Si ce questionnaire vous paraît étrange, nous aimerions vous rassurer qu'il servira une cause juste et envers laquelle je ne vous sens déjà pas indifférente. Répondez librement, soyez dure mais juste. (Nous vous assurons de notre entière objectivité) Ce questionnaire est exclusivement réservé à aux femmes ! Question no 1 : Etes-vous déjà sortie avec un footballeur ? (si non, vous pouvez arrêter de répondre et... continuez comme ça !) Question no 2 : Si oui, comment s'est passé la relation ? Question no 3 : Durant votre relation, avez-vous remarqué chez lui une consommation exagérée d'alcool, de cigarettes, de drogue peut-être ? (si non, mais si rappelez-vous !) Question no 4 : N'avez-vous jamais eu le sentiment de n'être qu'un objet entre ses mains ? (si non, n'essayez pas de le couvrir !) Question no 5 : Votre relation a-t-elle duré ? (si oui, vous avez une drôle de conception du temps) Question no 6 : Actuellement, est-il au chômage ? (si non, êtes-vous bien sûr qu'il fait ou a fait du football ?) Question no 7 : Pensez-vous renouveler (ou continuer) une telle relation ? (si non, vous êtes quelqu'un d'intelligent, je ne me suis pas trompé.) (si oui, recommencez le questionnaire ou passez me voir...) La commission vous remercie d'avoir participé à ce sondage et vous assure de prendre en compte vos témoignages très précieux. Votre anonymat sera conservé. |
La commission psychologique des "prisonniers associés" vous propose : LE QUESTIONNAIRE QUE VOUS NE POUVEZ EVITER ! Ce questionnaire vous invite à répondre à différentes questions concernant vos relations avec les footballeurs. Si ce questionnaire vous paraît étrange, nous aimerions vous rassurer qu'il servira une cause juste et envers laquelle je ne vous sens déjà pas indifférente. Répondez librement, soyez dure mais juste. (Nous vous assurons de notre entière objectivité) Ce questionnaire est exclusivement réservé à aux femmes ! Question no 1 : Parmi les gens que vous fréquentez, connaissez-vous des personnes qui pratiquent le football ? (si non, vous avez eu de la chance jusqu'à présent, priez pour que cela continue !) Question no 2 : En général, comment se passent vos relations avec ces derniers ? Question no 3 : Avez-vous pu remarquer chez eux une prédominance à consommer de l'alcool, fumer des cigarettes (drogue peut-être...) ? (si non, mais si, rappelez-vous !) Question no 4 : Est-ce que leur comportement peut être considéré comme étant plus animal qu'humain ? (si non, vous me semblez très tolérante...) Question no 5 : Avez-vous déjà dû refuser des propositions indécentes de leur part ? (si oui, je vous félicite d'avoir eu le courage de renoncer à l'appel du sexe) (si non, saviez-vous que la chirurgie esthétique a fait de nombreux progrès ?) Question no 6 : Avez-vous déjà eu une conversation intéressante avec l'un d'entre eux ? (si oui, avez-vous déjà entendu penser un footballeur ?) Question no 7 : Ne vous a-t-il jamais semblé que quelque soit le lieu où ils se trouvent, ils créent inévitablement une situation de conflit très embarrassante ? (si non, réfléchissez avant de répondre, bon sang !) Question no 8 : Seriez-vous prête à vous lancer dans une relation personnelle avec l'un d'eux ? (si oui, pardon ?) (si non, on ne s'est pas déjà rencontré quelque part ?...) |
Vous avez ci-après les résultats du premier questionnaire :
Vous aurez corrigé de vous-mêmes deux choses : d'une part, la question no 1 n'est effectivement là qu'à titre
indicatif et d'autre part, pour la question no 2, oui signifie "bien" et non "mal".
Commentaires
Question 2 : "Comment s'est passée votre relation avec ce footballeur ?" (90% : mal)
Soyons lucides. Le questionnaire aurait pu s'arrêter là. Une majorité écrasante de femmes ont exprimé sans
équivoque leur mécontentement. Je vous le demande encore une fois, fallait-il continuer ?
Question 3 : "Durant votre relation, avez-vous remarqué, chez lui, une consommation exagérée d'alcool,
de cigarettes (de drogue peut-être) ?" (70% : oui)
Oui, il le fallait. La réponse positive à cette question nous a confortés dans cette idée. Comme nous, vous les
aurez sûrement aperçus, brandissant leurs bières et vociférant leurs exploits lubriques. Ne reculons pas
devant l'acceptation de cette réalité : "Bourrés ils sont, bourrés ils seront !
Question 4 : "N'avez-vous jamais eu le sentiment de n'être qu'un objet entre ses mains ?" (58 % : non)
Cette question est l'une des rares ayant soulevé un doute dans notre esprit : certaines femmes ont-elles eu
peur d'avouer leur condition de femme-objet par crainte de représailles (très violentes lors d'abus d'alcool,
cf. question 3) ?
Question 5 : "Votre relation fut-elle durable ?" (60% : non)
Les femmes, comme chacun le sait, sont des êtres sensibles, mais pourvues d'un courage parfois téméraire.
Malgré ce don précieux, elles ne peuvent, qui ne les comprendrait pas, rendre de telles bêtes humaines et
sédentaires. Le footballeur est un nomade, la chasse le passionne et les passions sont souvent destructrices
lorsqu'elles sont dominées par la boisson. (Cf. questions 3 et 4)
Question 6 : "Actuellement, est-il au chômage ?" (57% : oui)
La coutume veut que la crise touche souvent les plus faibles, les plus démunis. Les footballeurs, dès leur
plus jeune âge, s'imaginent faire partie d'équipes prestigieuses, couverts d'argent et des plus belles femmes.
Quelle déception à l'arrivée "La désillusion est grande mais le salaire bien maigre", disait Stefan Lehmann
à la sortie de son dernier livre "Moi, Stefan et ma vie".
Question 7 : "Pensez-vous renouveler (ou continuer) une telle relation ?" (82% : non)
Le score est sans appel : Quand la communication devient impossible (alors qu'elle n'a jamais existé),
quand sa présence vous est intolérable (surtout l'odeur), quand son haleine vous rappelle votre dernière visite de la brasserie du canton, quand tout a été fait pour garder le couple intact, quand la coupe est pleine (cf. question 3), quand il n'y a plus aucun espoir, personne ne peut vous obliger à supporter une bière pression... euh... une telle pression.
Heureusement pour nous, toutes les femmes n'ont pas fait la triste expérience de sortir avec un footballeur.
Pensant à elles, nous avons forgé un second questionnaire dont voici les résultats :
En ce qui concerne les deux premières questions, référez-vous au questionnaire no 1.
Commentaires
Question 2 : "En général, comment se passent vos relations avec ces derniers ?" (75% : mal)
Comme vous l'aurez sans doute remarqué (mais si), la tendance ici est la même qu'au premier questionnaire.
Faut-il s'étonner ? La preuve est faite qu'une cohabitation s'avère impossible avec de tels intellectuels.
Question 3 : cf. question no 3 (page précédente)(70% : oui)
Question 4 : "Est-ce que leurs comportements peuvent être considérés comme étant plus animal qu'
humain ?" (65% : non)
Encore une fois, nous voilà plongés dans le doute. Pourquoi mentir ? Que risquaient-elles ? Etait-ce
de nous dont elles avaient peur cette fois-ci ? Ont-elles été impressionnées par des questions qui,
malgré leur caractère très direct, étaient bien innocentes ? Nous ne le saurons sans doute jamais.
Question 5: "Avez-vous déjà dû refusé une proposition indécente de leur part ?" (75% : non)
Aurions-nous interrogé des femmes dont le physique (car c'est à cela qu'un footballeur forge sa première
et seule opinion) laissait cruellement à désirer ? Nous ne voyons que cette explication. Ne dit-on pas
"Sois belle et tais-toi" ? Ces femmes ont choisi de parler...
Question 6 : "Avez-vous déjà eu une discussion intéressante avec eux ?" (85% : non)
Nous devons vous avouer que c'est certainement l'une de nos questions préférées. D'une importance
primordiale, elle reflète le fond de notre pensée. Nous sommes heureux qu'une majorité des personnes
interrogées aient avoué le vide qui règne dans les rares discussions avec des footballeurs. N'avez-vous
jamais senti la gêne qui s'empare d'eux lorsque le propos dépasse l'herbe rase des stades rénovés
grâce aux trop naïves donations des contribuables, mus par une passion souvent fatale au bien-être
de la famille qui n'ose élever la voix contre cette dictature paternelle écumant tard dans la soirée les
bars les plus sombres ?(cf. question no 3)
Question 7 : "Ne vous a-t-il jamais semblé que quelque soit le lieu où ils se trouvent, ils créent
inévitablement une situation de conflit très embarrassante ?" (62%: oui)
Lorsque tout est calme, lorsque la soirée s'annonce romantique, lorsque les deux amants forment avec
la nature un tout que l'on espère indivisible, c'est à ce moment précis, lorsque l'on ne s'y attend pas,
que le footballeur décide de frapper. Il ne se soucie jamais des conséquences irréparables qu'il va
engendrer. Il est sans scrupule. Alors, d'une voix grave et surtout grossière, d'une haleine décrite plus
haut, il met à nu son intelligence et sa verve jusqu'ici inégalée par des citations du style :"Alors,
elle est bonne ta pétasse ?", "Tu baises ?" (assez classique), "J'ai une grosse bagnole", et toutes les
pires ignominies... Mais au fait, elle est bonne ta copine ? (eh, oh, on n'a plus le droit de plaisanter ?)
Question 8 : "Seriez-vous prête à vous lancer dans une relation personnelle avec l'un d'eux ?"
(95 % non)
Après les 7 premières questions, comment douter de la réponse à cette dernière question ?
Nous voici arrivés au terme de notre passionnante aventure dans les steppes arides qui servent de refuge à ce désormais célèbre paradoxe. Ce dernier en est-il pour autant résolu ? Bien sûr que non. Malgré l'acharnement dont nous avons fait preuve, malgré cette transcription si fidèle de la réalité, malgré ce chef-d'oeuvre d'objectivité, le paradoxe restera un mystère à nos yeux de simples mortels. Nous aurions pu faire preuve de méchanceté gratuite, nous aurions pu dénoncer certains comportements ou encore nous acharner sur leurs conséquences, mais nous avons été justes : "Dura lex, sed lex". Ce dévouement pour la recherche de la vérité ne nous a donc pas permis de résoudre l'énigme.
Nous avons eu du plaisir à faire cette étude qui nous a permis de rencontrer des femmes passionnantes et passionnées, (par nous, oui) qui grâce à nous font partie désormais de l'histoire. Témoignant sous les faux noms de Raymonde, Nicole, Sandra, Catherine, Chloé, Robert et Paul, Cyndi, Claudia, Estelle, Naomi,... , elles resteront à jamais dans l'anonymat. (Cependant nos carnets d'adresses restent disponibles au 021 691 32 74)
Il nous reste maintenant à vous remercier vous, cher lecteur, pour le courage dont vous avez fait preuve et cette intelligence critique qui vous a accompagné le long de votre lecture. Nous comptons sur vous pour répandre le message de ce paradoxe afin que le monde entier ne vive plus dans l'indifférence. Bonjour chez vous.
Nos remerciements à :